Pourquoi construire le FRANCE ???

En décembre 1944, la Compagnie n'est que l'ombre d'elle même.
Elle a perdu 23 navires ( dont 13 paquebots ) pour fait de guerre;
14 sont encore aux mains des forces de l'Axe ( Allemagne, Italie et Japon );
24 ont été réquisitionnés par les alliés ou le gouvernement provisoire français
et il ne lui reste en force que 2 bateaux.
A la libération, il ne reste pratiquement rien des grands paquebots de l'avant-guerre :

PARIS et LAFAYETTE ont connu une fin tragique, incendiés dans le port du HAVRE.
NORMANDIE et CHAMPLAIN ont été perdu pendant la guerre.
DE GRASSE gît sabordé dans les eaux boueuse de la Gironde.
ILE DE FRANCE est encore sous l'uniforme de guerre.

Il faut donc renflouer ce qu'il est possible de récupérer :
Le DE GRASSE pour la ligne de l'Atlantique Nord,
le VILLE D'ALGER et le GOUVERNEUR GENERAL CHANZY pour la ligne de Méditerrannée,
ILE DE FRANCE , le VILLE D'ORAN et le COLOMBIE devront attendre deux ans
avant d'être utiliser.
En compensation très partielle de la destruction de NORMANDIE, la France reçoit en 1946
un liner allemand : l'EUROPA rebaptisé LIBERTE, mais qui à la suite d'un raz de marée
qui détruira en partie le port du HAVRE, ne pourra reprendre la ligne qu'en 1950.

Mais ce sont des navires vieillis, d'exploitation onéreuse et qui vont exiger de jour en jour
des travaux d'entretien et de réparation plus fréquents et plus importants.

C'est bien maigre pour supporter la concurrence étrangère sur une liaison aussi prestigieuse !!!

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Photo : Au HAVRE

NORMANDIE accoste au quai Joannès-Couvert.
ILE DE FRANCE attend son propre départ à la gare transatlantique.
PARIS est en cale sèche, forme 7.
COLOMBIE est le petit bateau blanc à coté de NORMANDIE

Pourquoi construire le FRANCE ???

# Posté le vendredi 10 octobre 2008 09:00

Modifié le jeudi 01 octobre 2009 15:51

Renouvellement

Renouvellement
( Photo : Au HAVRE, NORMANDIE au premier plan et PARIS qui brûle au deuxième )

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Avec la disparition de ces paquebots, au début des années 50,
la France risque de ne plus être présente sur l'Atlantique Nord.
Or c'est à l'époque la route maritime la plus importante et la plus fréquentée.
Un renouvellement de la flotte transatlantique s'impose absolument.

Il y a quarante ans, dans les bureaux de la Transat, le président de la Compagnie Générale Transatlantique, Monsieur Jean Marie, passait commande auprès des chantiers pour un préstigieux navire qui, dans l'esprit de tous, à l'instar du légendaire NORMANDIE, serait sur tous les océans un incomparable ambassadeur.
Depuis les années vingt, la Transat a eu pour politique d'abandonner les styles historiques au profit du style contemporain.
Avec le projet du nouveau paquebot, la Compagnie s'inscrit déjà dans l'évolution sociale et s'adapte au nouveau mode de vie des années cinquante.

Malgrés l'accroissement du traffic aérien, la Compagnie Générale Transatlantique prend, à la fin de l'année 1952, la décision d'élucider un successeur aux navires vieillissant et qu'il soit digne du défunt NORMANDIE.
L'objectif est de réaliser un bateau qui fasse appel aux technologies les plus avancées avec comme impératifs l'économie, la sécurité et le confort.

La Compagnie chargée de l'exploitation de la ligne d'intérêt générale
Le HAVRE / NEW-YORK a l'obligation, depuis le cahier des charges de la convention passée entre la Transat et l'Etat en 1933, de remplacer les navires âgés de plus de vingt-cinq ans.
Le gouvernement a accepté le principe d'un seul paquebot de grand tonnage en remplacement du LIBERTE et de L'ILE de FRANCE.

De nombreux pays,
ayant foi en l'avenir des paquebots, se sont engagés dans la même voie.
L'Angleterre veut donner des successeurs au QUEEN MARY et au QUEEN ELISABETH.
Et les Etats-Unis projettent un navire jumeau du UNITED STATES.


# Posté le vendredi 03 octobre 2008 16:16

Modifié le jeudi 01 octobre 2009 15:55

L'Enfantement

L'Enfantement
Il aura fallut plus de trois ans de tergiversations pour toucher au but. En trois ans,
le navire aurait pu être construit à moitié et il aurait donc pu entrer en service au début 1959.

Mais ce 25 juillet 1956 le pavillon à boule rouge bat très fort sur les façade de la Compagnie Générale Transatlantique. Il est 16 heures précises quand Jean-Marie , président en exercice,
signe la lettre de commande aux chantiers de l'Atlantique d'un paquebot qui devra s'appeler FRANCE.

Cette instant marque le début d'un nouveau chapitre de l'histoire transatlantique et la fin
d'une période riche d' intrigues, de luttes et de polémiques diverses, riche aussi de ces altermoiements sans nombre, suivis de brusques agitations qui semblent marquer dans
notre pays l'enfantement de chacun de ses grands paquebots.

La satisfaction de Jean Marie, qui a lutté depuis près de cinq ans pour imposer ce vaste dessein
du paquebot bien conforme à son esprit qui voyait large et grand, est partagée par tout son entourage. Sauf ce qui concerne les cheminées, représentées sous une forme traditionelles et sans ailerons.
Des cartes postales seront d'ailleurs éditées avec cette silhouette.

Il a fallut vaincre tant d'obstacles dus à l'ignorance, couvrer tant d'oppositions,
déjouer tant de manoeuvres !


C'est qu'entre sa conception et sa naissance, le géant des mers a été entouré de fées malicieuses
qui se sont acharnées à lui jeter de mauvais sorts.

On ne saura sans doute jamais ...
ce qu'a pu coûter à la Compagnie et à l 'Etat ce retard coupable ...

On mesure mieux par contre aujourd'hui de quel poids il a peser sur les destinées de FRANCE...


# Posté le mardi 30 septembre 2008 16:34

Modifié le jeudi 01 octobre 2009 15:57

Les trois " FRANCE "

Les trois " FRANCE "
FRANCE I a été lancé par les Chantiers de Penhoet en 1864.
Il changera ses roue à aubes contre des hélices l'année suivante.
Il était affecté à la ligne Saint-Nazaire / Vera-Cruz jusqu'en 1872,
puis sera tranféré sur la liaison Le Havre / New-York.
Long de 108 mètres et large de 13,40 mètres, il possédait deux mâts et deux cheminées. Il terminera sa carrière en 1908 sur la ligne Saint-Nazaire / Vera-Cruz..



FRANCE II fut lancé le 20 avril 1912, quelques jours après la catastrophe
du TITANIC. Il était le premier à disposer d'une capacité en chaloupe de sauvetage supérieures au nombre de passagers.
Sa longueur de 210,83 mètres, sa largeure de 23,08 mètres, ses quatre cheminées et ses somptueux salons lui valurent le surnom de " Versailles des mers ".
Il achèvera sa prétigieuse carrière en 1934,
et c'est NORMANDIE qui prendra le relais.



Si la période de gestation du 3 ème FRANCE fut longue et douloureuse,
FRANCE se présentait sous les meilleures auspices :
Une ligne splendide, un confort exceptionnel, une décoration renouvelée,
un comportement à la mer remarquable et d'excelence performances...
La préocupation majeure de tous les artisants du FRANCE a simplement été
celle d'une exploitation aussi économique et rentable que possible :
C'est cette double notion qu'ils ont eue constamment à l'esprit.

Si le préstige a été conquis par la suite ...
c'est aux performances, au succès, à la popularité du navire qu'on le doit ....




# Posté le dimanche 12 octobre 2008 09:33

Modifié le jeudi 01 octobre 2009 16:50

Just Perfect

Just Perfect

Une étoile au firmament des paquebots ....


# Posté le samedi 03 janvier 2009 08:55